|

Johanna Tordjman est amoureuse de l’art. Et son amour, elle a décidé de le vivre pleinement en étant une actrice de ce mouvement. Elle n’a aucune limite dans cette relation qu’il lui rend bien! Interview d’une amoureuse sincère de l’art:

 

 

Bonjour Johanna, peux-tu nous raconter ton parcours ?

J’ai fait une MANAA pour commencer, puis des études de communication visuelle.
J’ai bossé comme graphiste et DA pendant presque 8 ans, dans la mode, les cosmétiques ou la décoration.
J’ai aussi fait beaucoup de calligraphie, j’ai travaillé principalement avec Converse, et aussi couvert pas mal d’évènements dans la mode avec ça.
 
Et pour ce qui est de la peinture, entre tout ça, j’avais malheureusement pas beaucoup de temps pour en faire plus de deux ou trois par an.
Puis à l’été 2015, je me suis lancée dans un gros projet avec une grande fondation à New York qui a pris fin pour des raisons plus ou moins politiques, avec leurs élections présidentielles, mais c’était merveilleux, ça m’a conforté dans ma volonté d’en faire davantage.
Et en Novembre 2015, il y a eu les attentats à Paris, j’y étais, donc ça a bousculé absolument tout mon quotidien, j’ai arrêté de bosser pendant quelques mois, et j’ai peint énormément à ce moment là.
J’ai fait une première exposition pour cette série en Mars 2016, curatée par Tiyi Kalmery au Badaboum, et à partir de là, tout était incroyable.
Une interview pour le 20h de TF1, une proposition d’exposition pour un Solo Show à Los Angeles, une participation à Art Basel Miami.
Et puis ces annonces là en ont amené encore d’autres.. En tout j’ai fait 8 shows en 8 mois.
Ça m’a donné une force incroyable.

Solo Show ©Johanna Tordjman

Comment travailles-tu tes créations  ?
On me dit souvent que je peins comme une designer.
Je travaille par collections, par séries, j’ai besoin de raconter une histoire.
Le premier Solo Show par exemple c’était basé donc sur la reconstruction, j’ai peint une toile à chaque émotion nouvelle que je rencontrais, au moment même où je la ressentais. Elles étaient accrochées par chronologie, donc on voyait vraiment ce qu’il s’était passé dans ma tête, pour moi c’était hyper intéressant, j’ai trouvé des réponses à des questions que je ne m’étais même pas posées.
 
Pour la prochaine que je prépare, elle s’appelle Filling Spaces, elle parle de la force des relations que l’on peut avoir.
C’est mon rapport avec ma mère et ma soeur qui m’a inspiré la première toile de la série, on a une relation merveilleuse, ce sont des femmes d’une force extraordinaire et d’une douceur indescriptible.
J’ai besoin que mon sujet me fasse vibrer de savoir que je pourrais en parler des heures sans relâche.
Finalement je me focalise toujours sur les émotions, c’est le fil conducteur entre toutes mes peintures.

Filling Spaces  ©Johanna Tordjman

″Pour moi l’artiste est un témoin de son temps, et que ce soit par la peinture, la photographie, le cinéma, la sculpture, peu importe, ce sont les seules traces intimes et spontanées qu’on peut laisser sur terre – Johanna Tordjman″

Qu’est ce qui fait une bonne création? Doit elle forcément raconter une anecdote, une histoire ou bien revendiquer quelque chose?
Et bien, si je ne parle que de mon ressenti, alors je dirais que oui.
Souvent, une image est bien plus forte qu’un long discours. De plus, on en a tous une interprétation qui varie, selon notre propre vécu.
Par exemple, c’est la première fois que je raconte publiquement l’histoire de la série qui m’a fait tourner, et les gens qui ne connaissait pas l’histoire des toiles, parvenaient à ressentir des choses qui faisaient écho à leurs propres émotions, et c’est ce que je trouve assez magique dans l’art.
Comme je te disais juste avant, j’ai besoin de raconter une histoire, et d’en être animée pour que mes toiles aient une force plus grande.
J’ai bien évidement peint des choses qui n’étaient pas très importantes pour moi, mais aujourd’hui, ce n’est pas celles ci que je retiendrai..
 
Pour ce qui est de la revendication, ça ne fait pas longtemps que je m’y suis mise. Mon ami Combo, dont c’est le créneau, m’a invité à participer à son projet sur les élections, sur les violences policières aussi, et du coup j’ai du réfléchir à un message que je voulais laisser, c’était pas évident comme exercice, mais hyper enrichissant, de part les réactions des gens, qu’elles soient positives ou agressives.

Projet revendication ©Johanna Tordjman

As-tu fait une collaboration qui t’a marqué?
Sans hésiter, le travail que j’ai fait avec #Dysturb, c’est un collectif de photojournalistes qui collent leurs photos en 4x3m dans les rues du monde.
C’est aussi grâce à eux, que j’ai accepté le projet avec Combo, j’en suis sortie vraiment grandie, ils m’ont aidé à appréhender énormément de choses.
Si tu devais retenir une création  par un autre artiste?
Je ne vais pas être originale pour un sous, mais je vais dire Guernica de Picasso.
Je crois que je n’aurai jamais terminé de regarder cette toile.
J’y trouve une nouvelle réponse chaque fois que je l’admire.

Guernica de Picasso

Avec qui tu aimerais travailler ?
J’ai très souvent bossé seule sur mes tableaux, mais plus le temps passe et plus je me rend compte qu’on est bien plus forts à plusieurs, et j’adore le partage.
On en sort toujours bien plus forts, et grandis.
Il y a des domaines qui m’attirent vraiment pour la collaboration, par exemple le cinéma, la vidéo, la photo,  je ne saurais pas te dire sous quelle forme exactement, mais j’aime l’idée de changer de support.
 
Après pour ce qui est des noms, j’aime beaucoup le travail de JR qui arrive à mélanger tout ça avec brio, j’aime aussi beaucoup le travail calligraphique de Retna, ou les formats de Kaws.

 

Quelle est ton actualité du moment ?
Je suis rentrée d’Art Basel Miami en Décembre, j’ai mis un bon mois avant de me remettre à peindre, à trouver la bonne série qui me satisfaisait, je sais pas si c’est beaucoup ou pas, je m’en fiche un peu à vrai dire, mais du coup les choses avancent à nouveau.
Actuellement, je suis en studio, je prépare les prochaines expos qui s’annoncent déjà pas mal pour 2017.
Art Basel Basel (Suisse) pour Juin où j’aurai une pièce d’exposée, et une autre expo à l’étranger dont je ne peux pas encore parler, mais ce sera plus pour l’été 2017. Et puis, on continue sur le projet avec Combo, qui apporte un nouveau support justement à mon travail, car on part coller nos travaux dans les rues de Paris. Je fais aussi Art Paris Art Fair au Grand Palais à la fin du mois!!
 
Ta définition du mot artiste ?

 

Pour moi l’artiste est un témoin de son temps, et que ce soit par la peinture, la photographie, le cinéma, la sculpture, peu importe, ce sont les seules traces intimes et spontanées qu’on peut laisser sur terre.
 
Un dernier message ?
Mamie, je t’aime !

Last modified: 15 novembre 2017

One Response to :
[FOCUS: INTW] Johanna Tordjman, CONFESSION D’UNE AMOUREUSE DE L’ART!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.